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UNE NOUVELLE ÉTUDE APPELLE À LA SENSIBILISATION ET À LA COLLABORATION POUR LUTTER CONTRE LES SITES D'HÉBERGEMENT D'IMAGES D'ABUS PÉDOSEXUELS

Le très jeune âge des victimes et la gravité des abus soulignent la nécessité d'une intervention immédiate

18 novembre 2009

Winnipeg (Manitoba) : Le Centre canadien de protection de l'enfance annonce la parution d'un rapport de recherche intitulé Les images d'abus pédosexuels : Analyse des sites internet par Cyberaide.ca. Ce rapport alimente les craintes au sujet du rayonnement et de la gravité des images d'abus pédosexuels et souligne la nécessité d'apporter des solutions complémentaires lutter contre ce fléau.

« Quelle qu'en soit la forme, la maltraitance d'enfants est un crime effrayant, déclare Peter Van Loan, ministre de la Sécurité publique du Canada. C'est pourquoi nous continuons d'appuyer le Centre canadien de protection de l'enfance, qui aide à traduire en justice les personnes qui utilisent les évolutions technologiques à mauvais escient pour s'en prendre à des enfants. Par l'entremise de la Stratégie nationale pour la protection des enfants contre l'exploitation sexuelle sur Internet, notre gouvernement continue de perfectionner les outils dont les corps policiers ont besoin pour enquêter sur ces crimes graves, les prévenir et engager des poursuites judiciaires. »

Le rapport repose sur l'examen de près de 16 000 incidents relatifs à des sites internet à caractère pédopornographique et l'analyse de plus de 4 000 images différentes d'abus pédosexuels. Plus de 82 % des images analysées par Cyberaide.ca montraient de très jeunes enfants prépubères âgés de moins de 12 ans. Ce qui inquiète le plus, c'est la gravité des abus : plus de 35 % des images analysées montrent des agressions sexuelles graves.

« Il est particulièrement inquiétant de constater le très jeune âge des enfants sur les images, souligne Lianna McDonald, directrice générale du Centre canadien de protection de l'enfance. Ces enfants connaissent fort probablement l'auteur des abus dont ils sont victimes. Déjà que les abus sexuels ont des conséquences terribles pour les enfants, l'enregistrement et la diffusion de ces abus sur Internet vient aggraver le traumatisme. Nous demandons à toute la population canadienne d'apprendre à reconnaître les signes d'abus et de signaler toute suspicion d'abus. Nous devons désamorcer et, nous l'espérons, contrer les abus pédosexuels et empêcher leur perpétuation et leur commercialisation sur Internet. »

Le rapport fait ressortir un besoin urgent d'augmenter les efforts de sensibilisation aux abus pédosexuels. Il y aurait lieu de faire un effort particulier pour sensibiliser les enfants de 12 ans et moins afin de leur donner les outils et le courage nécessaires pour désamorcer les abus et les dénoncer. Le rapport préconise aussi d'accroître la sensibilisation aux abus pédosexuels et d'encourager les adultes à signaler de tels abus.

Le rapport livre en outre une analyse approfondie des signalements transmis par le public à Cyberaide.ca. Il débouche sur 12 recommandations à l'intention des éducateurs, des décideurs, des organisations non gouvernementales et des autres acteurs qui luttent contre et l'exploitation des enfants sur Internet.

« Ce rapport réaffirme clairement l'importance d'avoir une centrale nationale de signalement, de sorte que le public puisse participer activement aux efforts de protection de l'enfance en signalant les cas d'exploitation sexuelle d'enfants au moyen des technologies de l'information, observe le surintendant John Bilinski du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités. Cyberaide.ca est un partenaire du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités; son rôle stratégique au niveau du tri des signalements permet à la police de concentrer ses efforts sur les enquêtes, sachant que la centrale s'occupe aussi de faire de la sensibilisation et de la prévention. Cette compréhension accrue vient renforcer notre capacité collective de protéger les enfants. »

Au moment de l'analyse, plus de 60 pays hébergeaient des images d'abus pédosexuels. De plus, sur une période de 48 heures, Cyberaide.ca a dénombré pour un même site internet 212 adresses IP localisées dans 16 pays différents.

Ruben Rodriguez est président d'Inhope, l'association internationale des centrales de signalement. « Les activités de nos 35 centrales à travers le monde témoignent que la lutte aux contenus illégaux sur Internet est une affaire complexe, observe-t-il. Les pédocriminels savent exploiter l'architecture d'Internet et l'hétérogénéité des lois, et ils déplacent délibérément les sites pour échapper à la justice. La collaboration de différents acteurs à l'échelle internationale est la seule façon de combattre efficacement les crimes commis contre les enfants au moyen d'Internet. »

Réalisé en partenariat avec Bell canada, le rapport aborde aussi la mobilité internationale des sites d'hébergement d'images d'abus pédosexuels, cerne les enjeux liés à la nature supranationale d'Internet et apporte des solutions complémentaires pour lutter contre ce fléau.

Mirko Bibic est premier vice-président aux affaires réglementaires et gouvernementales chez Bell Canada. « Chez Bell Canada, souligne-t-il, nous sommes engagés depuis des années dans la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet par notre soutien à Cyberaide.ca. Nous avons financé ce rapport pour projeter notre regard au-delà des efforts habituels de l'industrie et explorer des solutions innovantes qui permettraient de contribuer plus utilement à la protection de l'enfance. Nous avons bon espoir que notre investissement en recherche et en prévention aidera à faire en sorte que la technologie ne soit pas utilisée à mauvais escient pour commettre des abus contre des enfants et leur causer préjudice. »

L'une des solutions proposées pour identifier avec précision les opérateurs de sites pédopornographiques est de collaborer avec l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) afin de permettre l'adoption de normes de validation des renseignements personnels des titulaires de noms de domaine. C'est là l'une des douze recommandations du rapport.

Cyberaide.ca tient lieu de centrale canadienne de signalement des cas d'exploitation sexuelle d'enfants. Ce service fait partie de la Stratégie nationale du gouvernement du Canada pour la protection des enfants contre l'exploitation sexuelle sur Internet. Depuis son lancement, Cyberaide.ca a reçu près de 40 000 signalements qui ont mené à au moins 52 arrestations policières et à la prise en charge de nombreux enfants abusés. Grâce à la collaboration de Bell Canada, les Rapports de recherche de Cyberaide.ca font ressortir les constats les plus importants qui ressortent des dizaines de milliers de signalements venant de la population canadienne. Ce rapport est le premier d'une série qui présentera des études exclusives sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet et qui stimulera le développement de bonnes pratiques en matière de protection de l'enfance au Canada.

Avis aux médias : Consultez le site internet du Centre (www.protegeonsnosenfants.ca) ou celui de la centrale canadienne de signalement (www.cyberaide.ca) pour obtenir la version intégrale du rapport, le rapport sommaire, les documents d'information sur les faits saillants du rapport ainsi que les recommandations et les priorités en matière de sensibilisation.

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Pour une demande d’entrevue avec l’un de nos porte-parole, les médias sont priés de contacter notre équipe des communications :

Communications, Centre canadien de protection de l’enfance

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Document d'information pour les médias
Les images d'abus pédosexuels : Analyse des sites internet par Cyberaide.ca

Qu'est-ce que le Centre canadien de protection de l'enfance? Le Centre canadien de protection de l'enfance est une organisation caritative nationale sans but lucratif vouée à la sécurité personnelle des enfants. Par les programmes et services qu'il offre à la population canadienne, le Centre vise à réduire la violence faite aux enfants..

Qu'est-ce que Cyberaide.ca? Programme du Centre canadien de protection de l'enfance, Cyberaide.ca tient lieu de centrale canadienne de signalement des cas d'exploitation sexuelle d'enfants sur Internet. Cyberaide.ca reçoit et traite des signalements faits par le public, par Internet et par téléphone, concernant des cas de pornographie juvénile (images d'abus pédosexuels), de cyberprédation (leurre), de prostitution d'enfants, de tourisme pédophile et de trafic d'enfants. Cyberaide.ca fut lancé sous la forme d'un projet pilote au Manitoba en septembre 2002; en mai 2004, il fut intégré, en même temps que le Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants de la GRC, à la Stratégie nationale du gouvernement du Canada pour la protection des enfants contre l'exploitation sexuelle sur Internet.

En moyenne, chaque mois, Cyberaide.ca reçoit plus de 700 signalements, et son site internet sert plus de 100 000 pages vues. Nos analystes vérifient tous les signalements reçus et préviennent aussitôt la police en cas d'activités jugées illégales. Cette procédure a mené à de multiples arrestations et à la prise en charge de nombreux enfants abusés. (Les analystes ont le statut d'agent spécial qui leur permet de traiter ces signalements.)

Qu'est-ce que la pornographie juvénile? La pornographie juvénile immortalise des abus sexuels contre des enfants. Elle se présente sous forme d'images, d'enregistrements audio, de vidéos, de dessins ou de récits d'agressions sexuelles contre des enfants. Elle est produite de manière délibérée et peut être diffusée facilement par l'entremise d'Internet, de plateformes en ligne et d'appareils électroniques portatifs. Un abus pédosexuel est un acte criminel; personne ne peut rester indifférent au problème des abus pédosexuels.

Le rapport Les images d'abus pédosexuels : Analyse des sites internet par Cyberaide.ca : Ce rapport livre une analyse les signalements Cyberaide.ca a reçus du public entre le 26 septembre 2002 et le 31 mars 2009. Il porte sur les images d'abus pédosexuels relevées sur des sites internet et brosse un portrait du problème de la pornographie juvénile. Durant cette période, Cyberaide.ca a étudié 35 111 incidents relatifs à un site internet (un même signalement peut fournir des indications à propos d'un courriel et d'un site internet; les analystes considéreraient alors qu'il s'agit de deux incidents distincts et les analyseraient séparément); de ce nombre 15 662 incidents concernent des sites internet à caractère pédopornographique et ont été étudiés dans le cadre de ce rapport.

À propos des images d'abus pédosexuels: Les résultats de cette analyse révèlent des données bouleversantes en ce qui concerne la pornographie juvénile. Ce qui inquiète le plus, c'est la gravité des abus : 35 % des images analysées montrent des agressions sexuelles graves contre un enfant. Quant à l'âge des enfants sur les images, il n'est pas moins bouleversant de constater que les enfants de moins de 8 ans sont le plus souvent soumis à des agressions sexuelles. Il est encore plus bouleversant de relever des cas d'agressions sexuelles extrêmes (ligotage, torture et bestialité) commises contre des enfants de moins de 8 ans. Ces statistiques contrastent avec la fausse idée que la pornographie juvénile prend le plus souvent la forme de photographies innocentes et anodines d'enfants nus.

Sur l'ensemble des pages web analysées, 77,6 % contenaient au moins une image d'abus sexuel contre un enfant de moins de 8 ans; dans bien des cas, ces images montraient des bébés ou des bambins en train de se faire agresser. Le plus souvent, les images d'enfants de moins de 8 ans montraient ces enfants soumis à des agressions sexuelles. Sur les images d'enfants plus âgés, les enfants étaient généralement représentés posant nus ou dans une position obscène.

En ce qui a trait au sexe des enfants, 83 % des images analysées montrent des filles. Cela démontre qu'il y a lieu de produire du matériel de sensibilisation sexospécifique et d'intervenir auprès des organismes qui s'adressent aux filles, comme les compagnies de guides dans le mouvent scout. Cela permettrait peut-être d'aider les filles à reconnaître les abus sexuels et à signaler les comportements sexuellement abusifs.

La dimension commerciale des sites d'hébergement d'images d'abus pédosexuels : Le rapport révèle que de nombreux sites d'hébergement d'images d'abus pédosexuels ont une dimension commerciale et sont conçus pour attirer l'attention sur les images et mettre en scène de nombreux enfants. Il a été constaté que plus de 50 % des sites internet acceptaient au moins un mode de paiement par carte de crédit et recouraient au vocabulaire propre aux sites de pornographie adulte dans le but de banaliser la consommation de telles images.

Le rapport aborde aussi la mobilité internationale des sites d'hébergement d'images d'abus pédosexuels, cerne les enjeux liés à la nature supranationale d'Internet et apporte des solutions complémentaires pour lutter contre ce fléau. La réalité, c'est que ce matériel illégal est largement et publiquement accessible et qu'il change régulièrement d'emplacement pour éviter d'être mis hors ligne. Sur une période de 48 heures, Cyberaide.ca a dénombré pour un même site internet 212 adresses IP localisées dans 16 pays différents.

RECOMMANDATIONS : Le rapport présente 12 recommandations aux acteurs des domaines de l'éducation et de la sensibilisation, de la technologie, des politiques publiques et de la recherche.

  1. Créer du matériel éducatif pour les enfants de 12 ans et moins afin d'amener les jeunes enfants à reconnaître les signes du processus d'exploitation sexuelle et à prévenir un adulte de confiance s'ils se font exploiter sexuellement ou photographier de manière inappropriée. Les adultes doivent aussi apprendre à identifier les signes éventuels d'exploitation sexuelle. Il y a lieu de donner aux personnes concernées de l'information sur la bonne parentalité, l'exploitation sexuelle et les signes d'exploitation sexuelle.
  2. Amener les centrales de signalement comme Cyberaide.ca dans le monde entier à collaborer afin d'entreprendre la collecte de données sur la présence de bébés et de bambins dans les images d'abus pédosexuels pour savoir s'il y a une hausse de la demande pour les images d'abus pédosexuels contre de très jeunes enfants. Cette mesure suscitera aussi un dialogue sur les stratégies de prévention qui permettraient de mieux protéger les enfants d'âge préscolaire.
  3. Créer du matériel de sensibilisation sexospécifique pour donner suite à la surreprésentation des filles dans les images d'abus pédosexuels.
  4. Collaborer avec les corps policiers et les fournisseurs de services et de contenu internet afin de retirer les contenus illégaux des serveurs canadiens.
  5. Établir des normes internationales pour ce qui est des renseignements personnels à exiger des demandeurs de noms de domaine.
  6. Intervenir auprès des registraires de nom de domaine pour que les domaines associés à des contenus illégaux soient éliminés, de sorte que les nouveaux propriétaires de sites internet ne puissent pas acheter des noms de domaines connus pour héberger du matériel illégal et le les réutiliser pour les mêmes fins.
  7. Mener des recherches plus approfondies sur les conséquences des abus pédosexuels pour les victimes et les effets d'Internet sur la nature et l'ampleur des traumatismes subis et le processus de rémission des victimes.
  8. Faciliter la collaboration et le partage de données entre les organismes qui luttent contre l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet.
  9. Mener des recherches plus approfondies sur l'usage des mots dans les sites d'hébergement d'images d'abus pédosexuels sur Internet.
  10. Surveiller l'usage des barres de titre uniques dans les sites d'hébergement d'images d'abus pédosexuels.
  11. Former une coalition d'acteurs stratégiques (corps policiers, institutions financières, fournisseurs de services internet, etc.) afin de mettre au point des solutions pour contrer le commerce des images d'abus pédosexuels.
  12. Lorsqu'un site est associé à un réseau fast-flux (réseau sans cesse changeant d'ordinateurs zombies utilisés comme serveurs mandataires), il est possible de déterminer les adresses IP utilisées pour fournir le contenu, ce qui permettrait aux centrales de signalement du monde entier de collaborer avec les fournisseurs de services internet pour leur signaler la présence d'ordinateurs zombies dans leur réseau. Les fournisseurs de services internet pourraient décider de suspendre le service d'un abonné jusqu'au rétablissement de l'ordinateur infecté.